A temps partiel au boulot, à temps partiel à la maison

Un thème commun et des témoignages individuels, qui se répondent, se complètent, se contredisent parfois. 
En ce moment, nous parlons de travail, et plus précisément de temps de travail. Travailler à temps plein, à temps partiel, prendre un congé parental ou non, choisir ou non de rester au foyer… Comment trouver l’équilibre entre épanouissement personnel, féminisme et contraintes ?

Quand mon fils est né, j’ai posé, en plus du congé maternité, beaucoup de congés que j’avais accumulés et repris le travail quand il avait six mois. J’en ai tiré une conclusion : hors de question de prendre un congé parental à temps plein, ni pour cet enfant, ni pour les suivants. J’adore mon boulot et les journées en tête-à-tête avec un bébé, le manque d’interactions avec des adultes, l’impossibilité d’aller aux toilettes tranquille 5 minutes étaient difficiles à vivre. En plus, il était hors de question que je perde mon indépendance financière. C’est le message qui m’a été martelé par les femmes de ma famille. “N’arrête pas pour les enfants, sinon c’est toi seule qui en payera les pots cassés” m’ont répété ma mère et ma grand-mère (qui ont payé et payent seules au moment de la retraite des choix de couple faits des décennies auparavant).

 

Dans ma tête de toute façon, j’allais avoir une place en crèche et reprendre le boulot à temps plein. Tout était simple. Sauf que… pas de place en crèche et une quasi impossibilité de trouver une nounou à temps partiel dans notre quartier. Alors on s’est organisés pour garder, à deux, notre fils. J’ai pris un temps partiel, mon mari a réorganisé son temps de travail. Lundi/mardi/mercredi, il bossait et je gardais notre fils, jeudi/vendredi/samedi c’était l’inverse. J’en avais parlé , à l’époque. On partageait donc notre temps entre des journées boulot et des journées parent au foyer. 

Cette organisation nous permettait de conserver tous les deux une activité professionnelle, de nous investir l’un autant que l’autre auprès de notre enfant, ce qui était fondamental à nos yeux, et très confortable pour notre fils. Avant que je reprenne le travail, une certaine inégalité s’était mise en place malgré nous : comme je passais beaucoup plus de temps avec lui, je devenais celle qui savait faire et mon mari attendait parfois que je le guide, ou alors je supportais mal qu’il fasse à sa manière. Avoir chacun trois jour à la maison nous a permis de rééquilibrer les choses. 

Nous avons repris une organisation similaire à la naissance de notre fille, à la différence que nous avons tous les deux pris un congé parental à temps partiel simultanément. J’avais du coup un complément financier de la CAF pour mon temps partiel, contrairement aux années précédentes, et mon mari travaillait un jour de moins, qu’on passait en famille. J’en profite pour faire un peu de pub pour expliquer que c’est possible pour les deux parents de prendre un congé parental à temps partiel en même temps, à condition de ne pas toucher plus, à deux, qu’une seule personne en congé parental à temps plein. Parce que c’est encore très peu connu (même à la CAF…). 

Maintenant que nos enfants sont en collectivité, nous travaillons certains jours en commun. Je suis toujours à temps partiel, contrainte par les horaires de la halte garderie de ma fille et ayant fait le choix de ne pas inscrire notre fils au périscolaire. Cette fois, l’équilibre entre mon mari et moi est en partie rompu puisque j’assume seule ces contraintes horaires, mais financièrement ce n’était pas possible que lui reste à temps partiel. Et il continue de s’occuper des enfants seul pendant que je travaille le vendredi et le samedi.

Mon travail fait partie de mon équilibre, mais j’ai conscience d’avoir la chance énorme de faire un travail gratifiant et que j’adore. Nous avons pu, tout en faisant le choix de passer beaucoup de temps avec nos enfants et de faire du respect de leur rythme une priorité, continuer à travailler tous les deux. De ce côté, je me sens en accord à la fois avec mes principes maternels et féministes.

Mais ce choix n’est pas sans conséquences au niveau professionnel non plus. L’idée de “faire carrière” m’est assez étrangère, mais clairement mon temps partiel et mes horaires contraints sont un obstacle pour changer de poste et évoluer. Et c’est mon salaire qui a été le plus amputé par cette organisation.

Fille d’Album

 

Retrouvez les autres témoignages sur le sujet : 

Sacrip’Anne, Back to business

Véro : Construire un équilibre familial

Moineau : le père invisible

Leslie : chômage parental

Georgia : travail, grossesses et congé parental

Madame Sioux : “je choisis ma liberté de freelance”

Odette : conciliation expérimentale

Eipoka :  “Mère au foyer” féministe: un paradoxe?

Euphrosyne : le (non) choix du temps partiel

Advertisements

4 thoughts on “A temps partiel au boulot, à temps partiel à la maison

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s