Le père invisible

Un thème commun et des témoignages individuels, qui se répondent, se complètent, se contredisent parfois. 
En ce moment, nous parlons de travail, et plus précisément de temps de travail. Travailler à temps plein, à temps partiel, prendre un congé parental ou non, choisir ou non de rester au foyer… Comment trouver l’équilibre entre épanouissement personnel, féminisme et contraintes ?

Quand j’attendais mon premier enfant, plusieurs collègues m’ont demandé si j’allais prendre un congé parental ou un temps partiel après mon congé maternité. A chaque fois, j’ai rappelé que, mon mari étant au foyer, je ne pouvais pas me permettre de diminuer nos revenus. Les réactions étaient en général “ah oui c’est vrai, ton mari ne travaille pas” (non c’est vrai, les repas et le ménage se font tout seuls).

 Deuxième grossesse, autres collègues, mêmes questions : “tu vas prendre un congé parental / passer à temps partiel ?”. Euh non, toujours pas, finances tout ça… “Ah c’est pas de chance”. Pour tout le monde autour de moi, le choix de réduire mon temps de travail semblait anecdotique, parce que chacun projetait sa propre situation, dans laquelle le conjoint avait un revenu suffisant pour que la mère se mette à travailler moins.

 Mais finalement, quand j’ai dû reprendre le travail, ça a été plus dur que la première fois : n°2 faisait la grève du biberon et attendait que je rentre pour téter, du coup pleurait beaucoup, mon mari était usé nerveusement… j’ai compté, calculé, re-compté, et décidé que notre santé mentale valait bien qu’on se serre un peu la ceinture ; je suis passée à 80%. Avec l’aide de la CAF, ça faisait en gros comme si je n’avais pas eu mon augmentation à ce moment-là : je ne profitais pas de ma montée en grade, mais je ne perdais presque rien financièrement par rapport à quelques mois plus tôt.

Je me suis habituée aux semaines de 4 jours. Et puis parfois, les enfants ont été malades, et je suis restée à la maison ; à chaque fois, quand j’appelais pour prévenir de mon absence, ou quand je revenais avec mon “certificat enfant malade”, je m’attendais à ce que quelqu’un me dise “mais, ton mari est à la maison, pourquoi faut-il que tu gardes ton gosse ?”. Mais apparemment, ça n’a jamais traversé l’esprit de personne. Les gens oublient que mes enfants ont un père.

Moineau

Retrouvez les autres témoignages sur le sujet : 

Sacrip’Anne, Back to business

Véro : Construire un équilibre familial

Fille d’Album : à temps partiel au boulot, à temps partiel à la maison

Leslie : chômage parental

Georgia : travail, grossesses et congé parental

Odette : conciliation expérimentale

Madame Sioux : “je choisis ma liberté de freelance”

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4 thoughts on “Le père invisible

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