Grossesse et accouchement : la place du second parent

Béatrice souligne qu’il faut donner “à chaque co-parent la liberté de trouver la place qui est la sienne, qui a du sens pour lui/elle, son couple, sa famille”. Mais nous nous plaçons ici du point de vue de la mère qui accouche et de ses besoins. Ezrine considère que dans un accouchement respecté son compagnon/sa compagne/sa famille sont également pris en considération.

Toutes les participantes souhaitaient que le co-parent (le père, pour toutes les participantes) s’implique dans la grossesse. Ça a été le cas pour la plupart d’entre nous, malgré des défaillances de certains pères, et même si on remarque une nette différence entre la première grossesse et les suivantes, où les étapes étaient déjà “connues” et où il fallait s’occuper des enfants plus grands.

Certaines souhaitaient qu’il assiste aux consultations médicales “pour le premier enfant, c’était comme je le souhaitais, je l’avais obligé à venir à tous les RV embêtants pour qu’il subisse autant que moi” (Mere Geek) ou qu’il s’investisse largement dans la préparation à l’accouchement “On a choisi ensemble une préparation, l’haptonomie, qui l’intégrait largement. C’était très important pour moi, avec l’idée de faire famille, qu’on attendait cet enfant ensemble, et ce dans tous ses aspects, y compris médical” (Fille d’Album). Pour d’autres (ou pour d’autres grossesses), l’important était un soutien quotidien plus qu’une implication dans le suivi médical de la grossesse ou la préparation à l’accouchement. “Pour la seconde grossesse, j’ai eu au contraire besoin de temps pour moi, pour m’approprier cette grossesse et il s’est alors plutôt positionné en soutien. J’ai choisi une préparation plus individuelle, la sophrologie, choix qu’il a encouragé. Il a été présent cependant lorsque j’ai eu des soucis médicaux, et surtout a pris en charge l’ensemble de l’organisation familiale lorsque je devais me reposer.” (Fille d’Album) “Je voulais qu’ils (il y a un père par enfant !) puissent voir les bons moments, mais surtout être soutenue au quotidien, plus que dans le suivi médical.” (Sacrip’Anne)

“J’ai eu aussi besoin de sentir à côté de moi quelqu’un qui se préparait à devenir parent au même titre que moi (donc qui avait du souci, qui se projetait dans l’après naissance, qui s’interrogeait sur le parent qu’il serait et sur notre coopération)” (Béatrice)

 

Au moment de l’accouchement, chacune insiste sur son rôle de soutien que le co-parent doit apporte de la mère : qu’il soit “pleinement respectueux de mes choix.” (Agathe Tournesoleil), “il a soutenu chacun de mes choix” (Vermicel). “parce que nous avons décidé à deux d’avoir des enfants, ça nous semblait logique qu’il soit impliqué au max, même si je voulais aussi garder cette limite “c’est mon corps qui change, qui est envahi, c’est moi qui décide” (Leslie).

“Lors de l’accouchement il m’a soutenue tout du long, n’est pas rentré dans le jeu de la sage-femme qui lui disait “votre femme dit qu’elle ne veut pas de péridurale, je lui ai expliqué que vu le contexte c’était pourtant recommandé” (sous-entendu “si vous pouviez raisonner cette entêtée…”). Mais il savait que c’était important pour moi d’essayer sans péridurale, même s’il a du mal à comprendre, et il n’a pas discuté (et quand finalement j’ai craqué et accepté la péri, il s’est bien gardé de me dire “je te l’avais dit” ^^)” (Moineau)

On attend parfois du co-parent qu’il joue un rôle de protection, de “bouclier” dans une situation d’accouchement où on se sent parfois vulnérable. “le deuxième parent, moins sous le coup de la fatigue et des hormones peut servir de rempart, de bouclier face à des “soignant.e.s” manquant d’écoute, d’empathie…” (La Farfa) “j’ai parfois ressenti le besoin qu’on me protège face aux agressions du milieu médical “ (Béatrice) “Le co-parent ou l’accompagnant peut soutenir la patiente, en la protégeant de l’entourage.” (Mere-Geek)

 

Les participantes soulignent que pour remplir ce rôle, le co-parent doit aussi être accompagné, et que ce n’est pas toujours le cas. Les préparations à la naissance n’impliquent pas toujours suffisamment les futurs pères. Ainsi, Leslie estime que “les futurs pères (je n’ose même pas imaginer pour les couples lesbiens) sont plutôt exclus s’ils ne se battent pas un peu” et Hello_Elo que son compagnon “s’est senti exclu lors de la 1ère prépa”. Ezrine dit également “J’aurais aimé qu’il puisse être un vrai soutien. Mais d’une part, il n’en avait pas envie (ne se sentant pas concerné, pas impliqué), d’autre part il n’y a pas du tout été invité. La sage-femme qui faisait la préparation à la naissance a suggéré qu’il vienne pour le cours sur la poussée, parce que là « il peut vraiment servir à quelque chose ».”

Fille d’Album rapporte au contraire une expérience très positive : “j’ai été suivie par une sage-femme en haptonomie (…), j’ai beaucoup apprécié ce suivi, et surtout la place qu’il donnait au père. Ça l’a beaucoup aidé à s’impliquer dans la grossesse, et du coup, à la naissance, il a eu (plus que moi, même), la sensation de continuer une relation qui avait déjà commencé pendant la grossesse. En terme d’investissement des deux parents, je trouve ça intéressant.”

 

Pourtant, cette préparation à la naissance permet aussi aux co-parents de trouver leur place le jour de l’accouchement. Ainsi, La Farfa dit que “le jour J il était un peu perdu et ne savait pas trop ce qu’il pouvait faire pour aider” et “regrette aussi qu’on n’ait pas plus aidé mon mari à savoir ce qu’il pouvait faire pour m’aider, lui avoir donné les billes pour qu’il puisse me soutenir et me protéger face à certaines sages-femmes de la maternité pour mon premier bébé.” (La Farfa). Alors que Fille d’Album souligne que l’accompagnement de son conjoint lui a été très précieux : “Les sages-femmes qui nous ont accompagné, en particulier lors de la première grossesse, lui ont donné des billes pour m’accompagner et me soutenir efficacement (encouragements, massages, positions, technique d’haptonomie…)”. Elle conclut en disant : “Parce que c’est pas tout de dire “c’est important qu’il soit là”, il me semble fondamental que les co-parents soient informés du déroulement de l’accouchement et qu’on leur explique comment ils peuvent aider et soutenir leur femme.”

 

Voilà pour cette série d’articles sur la grossesse et l’accouchement ! Nous avons donc abordé les protocoles hospitaliers, la nécessité d’être bien informée, l’importance du consentement, l’importance d’un vrai accompagnement et la liberté de choisir son accouchement. Vous pouvez retrouver l’ensemble de nos échanges sur le sujet ici. Nous nous sommes concentrées sur le suivi médical de la grossesse et de l’accouchement, mais il y aurait aussi beaucoup à dire sur la pression sociale autour de la grossesse. Nous y reviendront plus tard. 

Très bientôt, nous vous parlerons parentage proximal et féminisme.

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2 thoughts on “Grossesse et accouchement : la place du second parent

  1. Merci pour ce résumé, instructif quand on n’a pas pu suivre la conversation en direct ! En effet, il y en a des choses à dire sur la participation du co-parent. Je partage bien le sentiment d’ambiguïté entre “il ne veut pas s’impliquer” et du “il n’y est pas invité”…

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  2. Étant donné qu’on a décidé de faire un enfant à 2 il était inconcevable que M Balzi ne soit pas présent pour chaque étape de la grossesse et de l’accouchement (et évidemment après aussi). Le fait que les sages-femmes encourageaient un partenariat actif a rendu l’expérience d’autant plus belle et aussi agréable que possible. Le tout dans le respect de mes choix mais aussi de mes limites physiques et mentales (aucun reproche même déguisé quant à la péridurale etc).

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