Sortir du “rose pour les filles, bleu pour les garçons”

Rose pour les filles, bleu pour les garçons. Poupées pour les filles, petites voitures pour les garçons. Deux univers bien séparés par le marketing genré et les stéréotypes sexistes qui entourent l’éducation des enfants.

Comment faire pour sortir de cette dichotomie ? C’est le sujet de notre réflexion commune et donc des 5 articles qui vont être publiés dans les jours qui viennent. 

 

La première étape est de s’interroger sur ses propres stéréotypes :

“En se posant la question à chaque achat “et si c’était pour un garçon/une fille, je prendrais quoi ?” (ça permet de se mettre le nez dans ses propres stéréotypes)” (Leslie)

“Je me suis rendu compte quand mon fils était bébé à quel point j’avais intégré ça, quand j’ai failli ressortir d’une pharmacie sans le biberon que je voulais acheter parce que je n’allais pas acheter un biberon rose pour mon fils. D’ailleurs encore aujourd’hui, même si je m’en détache le plus possible, je trouve plus difficile d’offrir du rose à un garçon que du bleu à une fille.” (Fille d’Album)

 

Ensuite, il faut s’interroger sur ce qui nous plaît vraiment, à nous ou à nos enfants :

En “sortant” de la boîte et en achetant ce qui nous plaît / leur plaît ! (Sacrip’Anne)

“J’aime pas trop avoir le choix entre “trucs roses pour filles” et “trucs bleus pour garçons” mais c’est souvent le cas, alors je fais comme si ça n’avait rien à avoir avec le genre, je lui demande lequel il préfère, et s’il n’est pas là je prend ce qui me plaît le plus à moi.” (Lauren)

“J’essaye au maximum de faire choisir mon fils. Il est suffisamment petit (et a grandi dans un univers suffisamment protégé à ce niveau) pour ne pas avoir intégré qu’il y avait un modèle “pour garçon”, un modèle “pour fille” et parfois un modèle “mixte” et pour choisir de manière neutre ce qui lui plaît le plus (et comme il adore le rose, il choisit souvent le modèle “pour fille”)“ (Fille d’Album)

 

Ouvrir les possibles en ne proposant pas seulement les jouets “pour filles” aux filles et “pour garçons” aux garçons mais en varier le plus possible la gamme des jouets : “Il faut acheter/offrir très jeune différents jouets/jeux aux enfants” (Anne-Christelle)

“J’essaie de ne pas me soucier du genre des jouets. Je pense que c’est bien de proposer toutes sortes de jouets à chaque enfant.” (Lauren)

“on lui propose dans toute la “gamme” genrée et on voit ce qui lui plaît “ (Minka)

Et surtout, surtout, ne rien s’interdire !

“surtout ne jamais refuser à un enfant de lui acheter un jouet sous prétexte qu’il n’est pas fait pour son genre. Exemple : Une poupée bien girly à un garçon, une gros engin roulant à une fille, c’est un peu grossier comme exemple mais c’est très/trop souvent le cas.” (Anne-Christelle) “En ne s’interdisant pas les jouets et surtout les déguisements de filles pour les garçons aussi, en ce qui me concerne (vu que mon aîné est assigné garçon).”

Pour cela, on se base sur les envies ou les besoins des enfants :

“Comme j’ai un enfant encore très petit, je me concentre sur ce qui le passionne (au moment où je rédige : mettre des trucs dans des machins) et ce dont il a besoin (dernièrement : un sac pour ranger/trimballer ses crayons) plutôt que sur ce qui “se fait”.“ (Neea)

Je privilégie les jouets qui leur plaisent, avec lesquels ils jouent. J’ai une approche marquée par Montessori : s’ils se mettent à jouer super concentrés, c’est bon signe. (Sacrip’Anne)

“on a relativement peu de jouets, Z. préfère souvent faire avec nous que jouer (faire un vrai gâteau que jouer à la cuisine par ex).“ (Minka)

 

Mais il est également intéressant d’ouvrir leurs horizons, en leur proposant de découvrir autre chose :

“je ne veux/peux pas limiter les envies de mes enfants donc mon fils a plein de petites voitures puisqu’il adore ça. Mais j’essaie qu’il ne se limite pas à ça, en sortant parfois des listes demandées par l’enfant pour proposer des jeux non genrés ou non axés vers son genre assigné de naissance” (LaFarfa)

“Mon fils adore les voitures, les pistolets, les ballons. Et pourtant, ni son père ni moi ne l’avons poussé vers ces jeux. Quand j’ai compris qu’il vouait une véritable passion aux petites voitures (au point de dormir avec !), je lui en ai acheté. Mais dès qu’il manifeste de l’intérêt pour un jouet ou un thème moins marqué “masculin”, je m’engouffre dans cette brèche et je l’encourage à travers des lectures, du bricolage, des sorties…” (Elise)

 

Et, tout simplement, varier les couleurs des jouets, pour sortir de la dichotomie rose/bleu. Les chambres d’enfants des différentes participantes doivent être bien bariolées :

“Toutes les couleurs pour tous les enfants (si elle veut du rose, pas de problème, je ne l’exclus pas)” (Ezrine) ; “en jouant avec toute la gamme de l’arc en ciel“ (Minka) ; “en achetant des trucs bariolés, plutôt arc-en-ciel” (Moineau). “Je varie au maximum les couleurs, parce que le “total look” me rend grognon” (Neea) “je privilégie toujours les jouets aux couleurs réalistes ou neutres.” (Elise)

Et nous essayons de faire en sorte de ne pas coincer notre enfant dans la “couleur” qui lui est attribuée en proposant du bleu aux filles et du rose aux garçons :

“Autant que possible, je fuis le rose et le bleu. Sauf à “inverser les genres” (LaFarfa) “en offrant du rose à mes garçons !” (Véro) “contrairement à moi, mon fils aime le rose !” (Fille d’Album) “Si le choix est rose ou bleu, je prend bleu, pour équilibrer avec tout le rose qui est soit offert, soit choisi par elle.“ (Noukapi) “Par contre, j’évite au maximum que ce qu’il a de rose soit connoté “féminin” (pour son set balai/balayette/pelle à poussière j’avais le choix entre rose et bleu, j’ai pris bleu. Un de ses poupons porte du rose, par contre)” (Neea)

 

On trouve souvent, dans les magasins, un modèle “mixte” entre le modèle “pour filles” et le modèle “pour garçon”. Ce modèle est souvent privilégié par les participantes. :  “J’aime que les jouets, la décoration et les vêtements restent neutres, qu’ils puissent passer d’un enfant à un autre, sans qu’on ait à se poser la moindre question. Par souci d’économies autant que par convictions antisexistes.” (Elise) “autant que possible. La trottinette nous a coûté plus cher, mais elle est verte (et c’est une couleur que ma fille adore)” (Ezrine) “en choisissant la couleur non-genrée le + possible.” (Mere Geek) “Quand je peux, je choisis en effet le plus neutre possible.” (Noukapi)

 

Cependant, quelques réserves sont exprimées par rapport au choix du modèle mixte : “j’essaie de faire attention à ne pas dévaloriser ce qui est étiqueté “fille” pour autant (ce que j’ai pu faire en débutant)” (Minka) “je le faisais presque systématiquement quand il était plus petit. Et puis je m’en suis détachée parce que je ne voyais pas de raison d’exclure les autres choix, tant que ce n’était pas toujours le même. (…) J’ai parfois l’impression que le mixte est utilisé pour ne pas offrir à un garçon un objet ouvertement genré fille, et inversement. On m’a posé la question plusieurs fois, par exemple, de trouver une mini poussette pour poupée qui ne soit pas rose, pour un garçon. OK, le fait qu’on ne trouve que du rose c’est chiant, mais pourquoi ne pas prendre une mini-poussette rose pour un garçon ?“ (Fille d’Album)

Mere Geek déplore que “quand il s’agit de jouets, je prends plutôt la version garçon 😦 qui est considérée comme neutre (c’est un souci de société le neutre=le masculin)”

 

Rappelons que le but n’est pas d’interdire le rose aux filles et le bleu aux garçons. Mais d’ouvrir leur horizon en leur laissant plus de possibilités. “Ma 4-ans adooooooooooore le rose et les paillettes, mais elle préfère se déguiser en kangourou qu’en princesse, a beaucoup de jeux “ni fille ni garçon”, etc…” (Minka).

“Quand c’est son choix à elle je le respecte en revanche. Il me semble important de ne pas créer d’interdit et tomber dans l’excès inverse. Car l’interdit est attirant… et j’ai peur que ça soit contre productif au final.” (Noukapi)

Il est important aussi d’accompagner et de faire confiance à ses enfants : “C’est une question qui ne s’est posée que pour ma dernière, ses goûts étant vraiment différent des miens et de ceux de ses soeurs. Je me suis donc retrouvée avec une gamine à paillettes roses et violettes qui avait un goût prononcé pour les costumes de princesse. J’ai suivi le mouvement (le sien) : la bonne nouvelle c’est que en grandissant elle a fait la part des choses et y’a plus de rose à la maison.” (Agia)

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4 thoughts on “Sortir du “rose pour les filles, bleu pour les garçons”

  1. Baybay Balzi est encore trop petite pour choisir mais on fait tout pour l’entourer de plein de couleurs, formes etc
    Quand les gens veulent lui offrir quelque chose de rose(vêtement, doudou…) je leur demande de réfléchir à est-ce qu’ils achètent ce rose parce qu’elle est assignée fille ou parce qu’ils trouvent ça sympa et l’auraient acheté pour un assigné garçon ? En général ils reposent le truc rose et prennent quelque chose de plus pep’s XD

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